Actualités : traitements à l’héroïne, salle de consommation, PES en prison, Evo Morales

Les actualités sur les drogues en cette semaine de mars sont nombreuses :- Une nouvelle étude parue lundi vient confirmer l’utilité des traitements à l’héroïne médicalisée pour la dépendance aux opiacés, et notamment par rapport aux traitements à la méthadone. Les patients qui ont reçu de l’héroïne ont un taux de succès plus élevé, mais aussi coûtent moins cher à la société que ceux qui ont reçu de méthadone. Cela n’est pas sans rappeler les recommandations de l’expertise collective de l’Inserm sur la réduction des risques qui demandent la mise en place de programme d’héroïne médicalisée immédiatement en France.

- Sur les salles de consommation à moindre risques, une nouvelle fois, l’Office International de Contrôle des Stupéfiants (OICS) cible les centres d’injection supervisée dans son rapport annuel et condamne la décision de la Cour suprême du Canada, rendue en septembre 2011, de permettre au centre d’injection supervisée de Vancouver, Insite, de continuer à exister.
Le département d’Etat américain dirigé par d’Hillary Clinton, reprenant le rapport sur les stratégies internationales de contrôle des drogues 2012 de … l’OICS (quel hasard !)  a sermonné mercredi  le Québec (Canada) qui souhaite installer plusieurs salles d’injection supervisée sur son territoire dans le courant de l’année.
Tant que la politique mondiale des drogues sera tenue par les apôtres (USA, OICS) de la tolérance zéro, l’expansion nécessaire des centres de consommation supervisée ne sera jamais un long fleuve tranquille ….

-Justement, cette semaine, c’est réunion des Nations unies consacrée à la drogue, à Vienne. Chef d’Etat, diplomates  et activistes se sont donnés rendez vous pour croiser le fer sur la future politique mondiale des drogues. Le président bolivien Evo Morales a défendu lundi le droit des Boliviens à mâcher les feuilles de coca, ingrédient principal de la cocaïne, en faisant valoir qu’il s’agissait d’une vieille tradition et que son pays luttait par ailleurs contre le trafic de drogue. Mais cette demande n’a aucune chance d’être entendue parce que des pays comme les USA (encore eux) ou la France… arguent que ça saperait le droit international dans le domaine du contrôle des stupéfiants et que ça aurait un « effet domino »…. Décidément, ne changeons rien à cette politique qui tous le monde le sait, fonctionne à merveille !….

- en France, une éclaircie, dans une campagne présidentielle bien morne au niveau de la politique des drogues, vient du secrétaire nationale UMP et député européen, Pr Philippe Juvin, qui a apporté son soutien aux programmes d’échange de seringues en prison sous la forme d’un communiqué de presse vendredi dernier. (ci-joint).