Eva Joly et Jean-Luc Mélanchon répondent à Seronet sur la politique des drogues

Eva Joly, la candidate d’Europe Ecologie – Les Verts pour la présidentielle 2012 et Jean-Luc Mélanchon, candidat du Front de Gauche, ont répondu au site Seronet, sur des questions telles que les salles de consommation, les programme d’échange de seringue en prison, ou la légalisation du cannabis.

Les réponses d’Eva Joly
Seronet : En matière de lutte contre les hépatites et le VIH/sida, des organisations non gouvernementales réclament la mise en place de mesures qui ont fait leur preuve à l’étranger dont les programmes d’échanges de seringues en prisons, les créations de salles de consommation supervisée, l’accompagnement à l’injection, l’auto-prélèvement chez les personnes usagères de drogues (ce qui favorise l’accès aux services de santé). Etes-vous favorable à leur mise en place ?
EJ : Depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, la réduction des risques liés à l’usage de drogue, une politique publique qui a eu de très bons résultats, a pourtant été marginalisée, ostracisée, au profit d’une répression des usagers aussi inutile qu’inhumaine. Cette politique doit être relancée. De nouvelles expérimentations sont nécessaires, basées sur les expertises des acteurs locaux et de terrain, qui connaissent mieux que quiconque la réalité des usages. Europe Ecologie Les Verts est en accord avec les mesures proposées. Elles sont de bon sens, pragmatiques, et ont prouvé leur réelle efficacité à l’étranger. Dans ce domaine comme dans d’autres il faut sortir des idées reçues, de la peur, de la stigmatisation et aller vers les solutions efficaces d’un point de vue humain et sanitaire. Mais il n’y a pas que la politique de réduction des risques qui doit être remise en marche. Il faut une vraie politique de prévention, structurée et financée. Je ne parle pas de ces grandes campagnes de communication d’Etat qui font office de prévention et qui ne servent qu’à entretenir la peur des usagers de drogues… Il faut aussi développer le système de soins, notamment avec les programmes d’héroïne médicalisée et le cannabis thérapeutique, qui, là encore, ont fait leur preuve dans d’autres pays.
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Hollande, Bayrou et Copé répondent à Attali sur la politique des drogues pour 2012

Source : L’express

Attali : Faut-il interdire l’usage et le commerce de substances légales addictives et mortelles (tabac, alcool, produits sucrés) ou autoriser celles que la loi prohibe (haschich, cocaïne, etc.) ?

François Hollande: Tout en maintenant l’interdit des drogues, il faut adosser la sanction à une prise en charge thérapeutique de l’usager, sans laquelle la pénalisation restera vaine.
Pour le tabac, il faut maintenir la dissuasion financière dès lors que la consommation, comme celle de l’alcool, entraîne des conséquences graves de santé.
Enfin, je suis conscient de l’ampleur prise par l’obésité précoce à cause des produits gras et sucrés. Là aussi, la prévention et l’encadrement de la publicité seront nécessaires.

François Bayrou: Je ne mets pas sur le même plan « produits sucrés » et cocaïne, par exemple. Pour moi, les addictions, notamment aux produits psychotropes qui altèrent la perception de la réalité, doivent être traitées d’abord sous l’angle de la santé publique. Une politique publique de prévention, d’éducation, de soins serait plus efficace que toute autre pour combattre les fléaux sociaux que sont ces diverses formes de dépendance. Il faut évidemment lutter sans faiblesse contre les trafiquants qui mettent en exploitation ces dépendances.

Jean-François Copé: Ne mélangeons pas tout ! Mettre sur le même plan l’alcool, la cocaïne et le sucre, c’est un non-sens. L’alcool, le tabac, les produits sucrés ou salés relèvent de la prévention pour éviter les consommations abusives.
En revanche, je suis totalement hostile à la dépénalisation de toutes les drogues. Quand j’entends que les Verts ou le PS entendent légaliser ou dépénaliser le cannabis ou les salles de shoot, je suis effaré par leur irresponsabilité. Croire que les jeunes seront assez naïfs pour se laisser berner par ce discours démagogique, c’est faire peu de cas de leur bon sens et prendre des risques inconsidérés en termes de santé publique ! Les études montrent que l’interdiction du cannabis reste un frein majeur à la consommation. A l’UMP, nous assumons une politique cohérente de fermeté et de prévention pour protéger les Français, en particulier nos jeunes.

Réduction des risques : 2012 : la nouvelle vague ?

2011 a été une année riche d’événements pour la réduction des risques : il y a eu la création du Réseau Français de Réduction des risques en février pour continuer et élargir le travail du feu le « collectif du 19 mai », mais aussi les colloques organisés par le Mairie de Paris, le conseil Régional IDF et Asud pour faire la promotion des salles de consommation, un colloque sur les salles de consommation organisé au Parlement européen à Strasbourg, le premier colloque européen sur la réduction des risques à Marseille, ou encore les « 100 propositions pour réduire les dommages » de la Fédération Française d’Addictologie (auquel la Fédération Addiction, SAfe et Asud ont contribué). Puis en fin d’année, la montée en puissance des revendications sur les programmes d’échange de seringues en prison, et un rapport sénatorial dans le cadre du PLFS qui appelle à la relance de la politique de réduction des risques dans le sillon de l’expertise collective de l’Inserm. Le prix de la mauvaise foi de l’année revient sans conteste à la commission Sénat-Assemblée Nationale sur « les toxicomanies » pour avoir rendu un rapport en total décalage avec la réalité du problème des drogues. Celui du prix « citron » à Etienne Apaire, le président de la MILDT, pour avoir fini de se mettre à dos l’ensemble du secteur en limogeant le directeur de l’OFDT pour « faute lourde », celle d’avoir soutenu les salles de consommation et de ne pas avoir voulu relayer « les éléments de langage » du gouvernement.
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La Russie dit non aux programmes de réduction des risques pronés par l’occident

Traduction française de « Insight: Russia says no to West’s way with HIV »
Par Amie Ferris-Rotman

MOSCOU | Mer le 21 décembre 2011 10:09 HNE

(Reuters) – En 2010, le président Dmitri Medvedev a déclaré que l’héroïne était une menace pour la sécurité nationale de la Russie. Cette année, la Russie s’est engagée à financer des programmes visant à réduire les dommages causés par l’usage de drogues, y compris une épidémie au VIH qui est l’une des plus sévères au monde.

Mais même si le nombre de nouvelles infections au VIH en Russie a bondi de 10% en 2011, les travailleurs sanitaires et les autorités mondiales de lutte contre le VIH affirment que Moscou n’a pas honoré sa promesse.

Cela n’est pas dû à un manque de liquidités – la Russie a doublé son budget pour le VIH en 2012 par rapport aux niveaux de 2010. Le problème est comment elle va utiliser les fonds. L’année prochaine, aucun fond n’ira aux programmes d’échanges de seringues, pourtant internationalement reconnus. Aucun n’est jamais allé à des programmes de substitution à l’héroïne : les autorités russes s’y opposent. Moscou ne croit pas que ces approches aident à ralentir la propagation du VIH / SIDA.
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Vers le premier programme d’échange de seringue en milieu carcéral en France ?

Dans une délibération du 13 décembre, le Conseil de Paris a voté une subvention à l’association Safe, destinée à coordonner la préfiguration puis la mise en œuvre d’un programme d’échange de seringue, sous la forme d’un automate, à la maison d’arrêt de la Santé.

Le conseil a voté cette délibération à l’unanimité, l’opposition UMP au conseil de Paris y compris, ce qui prouve que le consensus émerge sur cette question, suite aux différentes études (Coquelicot, Pride2, Prévacar), aux nombreuses recommandations (Inserm, Conseil National du Sida, OMS), et à l’activisme des associations du secteur de la lutte contre le sida et de la réduction des risques (TRT5, Act Up – Paris, Aides, Sidaction, Réseau Français de RDR…)

Safe, association membre fondatrice du Réseau Français de RDR, a une mission nationale de développement des automates, et s’occupe de la grande majorité de ceux d’Ile de France. L’association va mettre à disposition son savoir-faire pour l’implantation d’un automate à la prison de la santé. En effet, l’implantation de l’automate ne sera qu’une des facettes de l’opération. Il faudra préfigurer et coordonner l’action en lien avec la Ville de Paris (Dases), les autorités sanitaires et l’administration pénitentiaire, et l’adapter aux besoins spécifiques du milieu carcéral. Il faudra former les équipes de la prison sur l’utilisation d’un tel dispositif et dissiper les peurs bien réelles, mais infondées au regard des expériences internationales, sur l’utilisation des seringues comme une arme.

Tout est donc en place pour expérimenter le premier programme d’échange de seringue en France… 20 ans après la Suisse, 15 ans après l’Allemagne et l’Espagne…. Nous n’attendons plus que l’administration pénitentiaire et la MILDT donnent leur feu vert….

Contact presse : Jean-Louis Bara (Président de Safe) : 06 73 73 41 65

Pour lire video de la délibération au Conseil de Paris à partir de 6h15mn55s
Pour télécharger la délibération

Le Congrès US rétablit l’interdiction de financer les programmes d’échange de seringues dans la loi de dépenses 2012

Traduction d’un communiqué de presse du Drug Policy Alliance

L’interdiction aux Etats d’utiliser l’argent de la prévention VIH pour les programmes d’echange de seringue qui sauvent des vie, a été annulée en 2009, après 20 années de lutte.
Le rétablissement de cette interdiction mènera à des milliers de nouveaux cas de VIH / SIDA et d’hépatite C chaque année.

Dans le cadre du budget 2012 soumis au vote aujourd’hui, le Congrès a retabli l’interdiction d’utiliser des fonds fédéraux pour financer les programmes d’échange de seringues qui permettent de réduire la propagation du VIH / sida, de l’hépatite C et autres maladies infectieuses. Cette interdiction, promulguée dans les années 1980 et abrogée en 2009, a été largement responsable de la contaminations de centaines de milliers d’américains par le VIH / SIDA, directement ou indirectement par l’échange de seringues usagées. Les défenseurs de cette mesure avertissent que la rétablissement de cette interdiction se traduira par la contamination de milliers d’Américains par le VIH / sida, l’hépatite C ou d’autres maladies infectieuses, uniquement pour l’année prochaine.
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Réforme de la politique des drogues en Pologne : It’s time for revolution !

Traduction française de l’article paru sur Europe Drug Policy Initiative

Le 9 décembre, la nouvelle loi sur les drogues est entré en vigueur et a dépénalisé l’usage de drogue. Voici un rapport de notre partenaire en Pologne, Agnieszka Sieniawska!

War on drug in PolandLa semaine dernière, les lauréats polonais du prix Nobel – Wislawa Szymborska et Lech Walesa ont appelé au changement dans le domaine de la politique des drogues. Le rapport établi par la Commission mondiale sur les politiques sur les drogues a inspiré l’ancien président de Pologne – Aleksander Kwasniewski – qui a déclaré dans une lettre que la guerre contre la drogue mondiale a échoué et que le temps pour la dépénalisation, le traitement et la prévention est venu.

En Pologne, la situation a récemment changé en faveur d’une politique rationnelle sur les drogues. Un parti politique, le Mouvement des Palikot, a initié la modification de la loi sur les drogues au Parlement polonais et dépénalisé la possession de drogues illicites en petites quantités pour usage personnel. Le 9 Décembre, la loi nouvelle loi libérale est entré en vigueur. Par ailleurs, dans la région de Gdansk, où les ONG se battent pour l’accès au traitement de substitution depuis 8 ans, le premier programme de méthadone a ouvert.

La nouvelle loi sur les drogues stipule que les personnes arrêtées avec de petites quantités de drogue pour usage personnel ne doivent pas être poursuivis. Les procureurs et les tribunaux seront tenus d’enquêter sur la situation de chaque utilisateur de drogue et les renvoyer – en fonction de leurs besoins – vers des programmes d’éducation ou de traitement. Ceci est la première étape vers les recommandations de la Commission mondiale sur la Politique des drogues

Les actes des colloques du 27 juin et 5 octobre sur les salles de consommation

Le 27 juin et le 5 octobre, la mairie de Paris, le conseil régional Île de France et Asud ont organisé deux colloques sur les salles de consommation à moindre risque à destination des parisiens et des franciliens. Le 27 juin, l’expérience de Genève était présentée à la bourse du travail, avec les acteurs de Quai9 (salle de conso de Genève), le chef de la police de Genève, et un élu de la ville de Genève. Le 5 octobre, c’est l’hôtel de ville de Paris qui a accueilli les expériences de Bilbao et de Rotterdam, avec des acteurs sanitaires, policiers et politiques.

Ces deux colloques font suite à un vœu de la Mairie de Paris le 19 octobre 2009, d’expérimenter au moins une salle de consommation supervisée dans la capitale, et ce vœu est issu lui-même d’un long travail sur les salles de consommation avec les élus locaux des villes de Paris, Marseille, Lille, Le Havre, Bordeaux, Saint Denis et Annemasse.

Ces actes sont la retranscription des discours de ces colloques. Ils sont une mine d’information sur l’implantation, le fonctionnement et le travail de tous les acteurs des salles de consommation.

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La MILDT épinglée par le Sénat

Communiqué de presse du Réseau Français de Réduction des Risques

Dans le cadre du projet de loi de finance 2012, la commission des affaires sociale, puis le sénat, suivant l’avis de la rapporteure Laurence Cohen, ont rejeté l’adoption des crédits de la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre les drogues et la toxicomanie), jugés insuffisants et surtout mal répartis.

Dans son rapport, la sénatrice Laurence Cohen, fait un état des lieux préoccupants de la situation des drogues illicites française : Augmentation de la consommation de la cocaïne, augmentation des overdoses, épidémie d’hépatite C hors de contrôle, une situation sanitaire critique dans les prisons. La mission parlementaire sur les toxicomanies et l’expertise collective Inserm sur la réduction des risques2 avait fait le même constat.

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66% des français favorables à la mise en place de Programme d’échange de seringues en prison

A l’occasion du premier décembre 2011,l’association Aides à réalisé un sondage avec CSA en partenariat France Inter & Libé « Les Français, la lutte contre le sida et l’accès aux soins ».

Ce sondage montre que 66% des français sont favorables à la mise en place de Programme d’échange de seringues en prison, qui existent dans bien d’autre pays, notamment européens, mais pas encore en France.